Entrevue avec Anne-Marie Leclerc, étudiante
6 février 2009

Peux-tu donner une brève description de ton cheminement scolaire?
Au cégep, après un faux départ en arts et lettres, j’ai effectué un DEC en sciences humaines, et j’ai retrouvé le goût pour les études. Des sciences sociales, mon intérêt s’est tourné vers les sciences. Je ne connaissais jusque-là rien à la géographie, et encore moins à la géographie physique, le domaine que j’affectionne maintenant. En regardant divers programmes universitaires en géographie, celui de Rimouski offrait beaucoup de géographie physique ainsi que la possibilité de prendre quelque neuf cours en biologie, ce qui est une belle chance. Ç’a été ma porte d’entrée pour les sciences de la Terre, de la vie… J’ai quitté mon quartier montréalais et pris la route pour l’UQAR, où j’ai fait mon baccalauréat.
| D'autres renseignements sur le programme en géographie> Entrevue avec une autre étudiante, Suzan Taylor> |
Après le baccalauréat, qu'est-ce qui t'incitait particulièrement à poursuivre au 2e cycle?
J’ai toujours voulu faire une maîtrise. Un baccalauréat, malgré tous les efforts qu’on y met, offre une formation assez générale, surtout dans un domaine aussi multidisciplinaire que la géographie. L’interaction entre le milieu physique et biologique me passionne. Je voulais développer une meilleure connaissance dans le domaine de la géomorphologie côtière et de l’écologie benthique. Un jour, mon futur directeur, Pascal Bernatchez, m’a proposé un projet avec mon co-directeur, Christian Nozais. Pascal m’a donné ma première chance, et j’en suis très reconnaissante. Et puis, à mon avis, je me positionnerai mieux sur le marché du travail.
Comment ça va les études? Sur quoi travailles-tu surtout?
Je m’intéresse plus précisément à l’impact des infrastructures de protection du littoral (du genre murets de béton et enrochements) sur 1) les plages de gravier et de sable; 2) sur les petits invertébrés vivant dans le substrat des plages. Ces infrastructures sont utilisées partout dans le monde. Or, plusieurs effets pervers découlent de la présence de ces structures rigides. Dans le cadre de mon projet, je tente de déterminer quelles variables du milieu physique et des communautés d’invertébrés répondent à la présence ou à l’absence de gros enrochements servant à protéger la route 132, dans la baie des Chaleurs. À une autre échelle temporelle, je cherche à caractériser l’évolution des littoraux où l’on retrouve des infrastructures, au moyen de photographies aériennes.
Tes études au 2e cycle peuvent ouvrir des portes sur quoi exactement?
Le marché de l’emploi en environnement présente divers visages. Plusieurs entreprises doivent faire respecter des normes en matière environnementale. D’autres firmes doivent procéder à des études d’impact. Des fonctionnaires doivent voir au déroulement de certains projets. Des municipalités doivent avoir recours à des experts pour l’élaboration de divers schémas d’aménagement territorial. Mon approche multidisciplinaire sera assurément un atout.
Dans quoi aimerais-tu travailler plus tard?
Je vais d’abord me trouver un emploi, je rêverai plus tard! Sérieusement, je souhaite pouvoir exploiter mes forces, comme mes connaissances en milieu littoral, mes aptitudes à la rédaction scientifique, et un certain esprit d’analyse et de synthèse. Faire quelque chose qui soit utile et recevoir un salaire décent pour le faire. C’est déjà un gros contrat. On a tous une cause idéaliste. Certains veulent aider les personnes malades, d’autres, instruire des enfants. Moi, je veux travailler à la gestion environnementale dans notre société.